L’impact carbone de la Coupe du monde de la FIFA 2026

C’est la Coupe du monde de foot actuellement et je dois avouer que j’y ai vu d’excellents matchs jusqu’à maintenant. Des équipes chouchous, comme le Canada et la Norvège pour ma part, des équipes cendrillons, comme Cap-Vert et Curaçao, et bien sûr les grandes vedettes que sont la France, le Brésil, l’Argentine, l’Allemagne et autres.
C’est du côté de l’impact carbone de cet événement que ça fait plus mal (on ne parlera pas du renvoi d’un arbitre vedette ou des nombreuses considérations de visas et de fouilles à l’entrée…).
Selon une analyse faite par Scientists for Global Responsibility, publiée en 2025 et citée par le journal Le Monde, on parle en tout et partout d’émissions de 9 millions de tonnes de CO2 pour ce tournoi qui devait être le plus vert de tous les temps. Le journal rapporte que les organisateurs avaient affirmé que l’événement ne générerait que 3,6 millions de tonnes, soit moins que l’édition tenue au Qatar en 2022 (3,8 millions).
Pour mettre ce chiffre de 9 millions de tonnes en perspective, chiffre qui serait conservateur souligne Le Monde, l’étude citée estime que c’est l’équivalent de l’émission carbone de 6,4 millions de véhicules automobiles pendant un an au Royaume-Uni ou près de 2 millions d’automobiles au États-Unis. (Note: les véhicules au Royaume-Uni sont plus petits et émettent moins de CO2 que les véhicules aux États-Unis qui sont généralement plus gros et émettent plus.)
Pour ce faire une idée de grandeur de ce que ça représente, en 2024 selon Statistiques Canada, le parc automobile au Québec était constitué d’environ 6,1 millions de véhicules automobiles – ce qui comprend aussi des véhicules hybrides (112 000), hybrides électriques rechargeables (93 000) et purement électriques (201 000). Resterait à savoir si les émissions du parc automobile du Québec se comparent à celles du Royaume-Uni ou à celles des États-Unis.
On serait quelque part entre les deux, si on se fie aux données d’émission carbone de l’Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre, publié par le ministère de l’Environnement,de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec (je vous fait grâce de l’abréviation du nom de ce ministère qu’on appelait simplement le ministère de l’Environnement du Québec dans mon jeune temps).
Pour l’sensemble de l’année 2023 (dernière année de chiffres disponibles dans le jeu de données), on parle pour les automobiles d’émissions 7,6 millions de tonnes de CO2. On est presque dans le même ordre de grandeur que la Coupe du Monde. Quoique…
Si on lit l’étude du groupe Scientists for Global Responsibility et notamment l’Annexe 2 du document, les auteurs font référence à de récentes recherches scientifiques qui soulignent que les émissions liées au transport aérien ayant un impact sur le réchauffement climatique et qui ne sont pas du CO2 augmentent l’effet de ce mode de transport sur le climat. Pour résumer, cela signifie que l’impact de la Coupe du monde 2026 pourrait atteindre jusqu’à 15 millions de tonnes d’équivalent CO2.
Près de deux fois les émissions annuelles du parc automobile du Québec.
Avez-vous chaud, tout à coup?
Sources:
- Scientists for Global Responsibility: FIFA’s Climate Blind Spot: The Men’s World Cup in a Warming World
- Le Monde: La Coupe du monde 2026, annoncée comme « la plus verte », pourrait devenir la plus polluante
- Statistique Canada: Immatriculations de véhicules, par type de véhicule et type de carburant (parc automobile du Québec)
- Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec: Inventaire des gaz à effet de serre du Québec





